savez-vous monsieur ce qui me plaît en vous ?
c’est que vous n’avez pas renoncé à une certaine idée de vous-même
à une impossible réconciliation
de la beauté et du devoir
de l’esprit et de la chair.
la réalité, le réalisme nous renvoient à l’animal, à nos limites
le mensonge, l’idéalisme, la personnification, la poursuite de l’impossible rêve est ce qui fait l’humain
pour être humain, il ne faut pas savoir que les ailes de cire fondent au soleil
si nos ailes ont fondu
si nos ailes sont usée par l’âge,
c’est que la raison a eu raison de notre vanité
c’est que le fou a su qu’il dépendait de la raison, que la folie qui ne s’alimente de raison aura raison de sa folie, ou sa follie aura raison du fou.
on ne peut faire à l’infini fi de nos limitations
il faut se rendre à la raison par la force de l’âge :
ce que me disent tes dents blanches
ce que me dit ton regard de vingt ans
c’est l’espoir, c’est la certitude de pouvoir personnifier le monde
c’est que la musique, la beauté, la poésie, cela se mange, cela sert à quelque chose.
c’est sur ce mensonge que nous pouvons sortir de la condition d’animal, simple opportunisme, simple egoïsme nécessaire à la survie de l’animal simple, individuel
un vieux est une personne dont les ailes de cire ont fondu au soleil, et qui n’est pas mort de sa chute :
il a des ailes, c’est lui
elles sont brûlées
et il le voit
et il se voit
il a des ailes qui ne peuvent plus voler
et il s’alimente au sol pour que son individu survive.